Lors des obsèques de Soeur Gaby,le 24 octobre dernier, elle a porté un témoignage de Soeur Gaby que nous publions ci-dessous tant il est significatif.
Sœur Gaby
beaucoup de personnes l’ont connus. Personnellement c’est autour des années
1977, que j’ai fais sa connaissance alors qu’elle était directrice de l’école
de Moniteurs Educateurs St Laurent à
Lyon. Aussi ,un livre entier ne
suffirait pas à vous parler de Sœur Gaby. Au fil des années nous avions
toujours des discussions spontanées, d’une grande vérité, et qui lui
permettrait parfois de libérer ses révoltes.
Sœur Gaby
aimait parler de son enfance, elle était une enfant aimée par ses parents, elle
grandissait entre son père protestant et sa maman catholique, elle disait que
la religion n’était pas très importante à la maison, mais la foi en Dieu de
côté de son père et une charité aux dimensions des rivages chez sa maman ont posé les fondements de ses
croyances et de son appartenance au peuple de Dieu. Quand elle était petite,
c’était la dimension du paquet de bonbons que lui offraient ses grands-mères
pour l’accompagner au temple ou à l’église ! Oui Sr Gaby était une enfant
heureuse, et cette éducation était pour elle ressource et force durant toute sa
vie donnée, chez les Salésiennes de Don Bosco, au service des jeunes, des
anciennes élèves qu’elle affectionnait particulièrement, de ses consoeurs avec qui elle partageait le quotidien avec
affection et intelligence. Elle disait un jour au cours d’un échange sur
la fragilité des jeunes: « L’éducation, et spécialement l’éducation
chrétienne, est essentiellement une œuvre d’amour. Comme l’amour, elle doit
être une source, c'est-à-dire un jaillissement, une fraîcheur, une
transparence, une joie. »
Durant ses
années Sœur Gaby était une personne qui
aimait écrire, nous pouvons retenir ses carnets de voyage en Europe, les vœux
de Noël écrits pour 7 mots du matin puis transformés en souhaits et une multitude d’articles qui ont
enrichis la presse salésienne, sans compter sa grande
correspondance qu’elle entretenait avec ses connaissances.
Ses
interventions, souvent incisives, étaient toujours martelées par ses fortes convictions.
Ses écrits se caractérisaient par une originalité, une ouverture et un souci de
belle présentation.
Elle avait
une extraordinaire liberté spirituelle qui s’approfondissait à mesure qu’elle
avançait en âge. Ses multiples facettes
de sa riche personnalité faisait que Sœur
Gaby, était tout à la fois insaisissable et attachante !
Capable de
faire confiance, elle était à l’affût de toute évolution et de toute nouveauté.
Femme de conviction, enraciné dans la tradition de sa chère Alsace, mais
fasciné par l’avenir, elle était, viscéralement, rebelle à tout carcan, à celui
de la pensée, comme à celui d’une institution sclérosée. D’où sans doute, son
désir constant de pratiquer l’oecuménisme, de cultiver la dimension européenne
et d’œuvrer, sans se lasser, dans les échanges internationaux.
Vers la fin
de son parcours terrestre à Wittenheim, Sœur Gaby entourée par une communauté
aimante et par beaucoup de personnes bienveillantes, vivait sa maladie
auto-immune, qui avait pris diverses formes depuis qu’elle avait trente ans, avec
philosophie et confiance. Quand je lui disais : « ça va
Gaby ? », elle répondait « ça va pas mal aujourd’hui !, certes je suis
scotchée à la chaise roulante, mais très bien soignée et accompagnée, je me considère
comme une privilégiée ». Elle se trouvait bien à l’aise dans la ligne du
livre de Marie Jo THIEL : « Faites que je meure vivante ».
Aujourd’hui
nous pouvons ici à Wittenheim dire un grand MERCI à Sœur Gaby, merci pour son
accueil en toute vérité, pour ses qualités de cœur et son intelligence, son
humour, sa vivacité d’esprit, son esprit de fête à la salésienne. Son
témoignage est pour nous qui l’avons rencontré force et moteur pour notre
avenir, elle aura marqué ici et ailleurs les personnes qui ont eu la chance de
l’a connaître. MERCI Gaby pour l’intense rayonnement que vous aviez.
Au moment où
notre chère Gaby commence sa métamorphose finale, nous l’a confions avec
foi à la tendresse de son Jésus qu’elle
aimait.
Et comme
tu disais, quand tu avais des difficultés
pour te déplacer : « Hopla Gaby, le ciel est au bout ! ».
Avec
reconnaissance à Sœur Gaby et à toutes les Salésiennes !
Margot Labbé
ADBS et Salésienne Coopératrice
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